Chapitre 3 : Kineta – Héraklion

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Il s’est passé pas mal de temps depuis mon dernier post sur ce blog. Je vais essayer de résumer du mieux possible la dizaine de jours passés depuis Kineta. Je ne commencerai pas par l’horrible nuit passée dans le village d’Agioi Theodoroi car elle fera l’objet d’une anecdote. Un peu de suspense…
Quand je suis rentré dans ce dernier village, je suis allé me renseigner pour connaître les heures de départ des bus en direction d’Athènes. Comme j’étais en effet encore en forme, j’avais décidé de faire 8km de plus que ma destination du jour afin de pouvoir réduire la dernière étape vers Athènes (trop longue pour une journée de marche sous une telle chaleur). Le tenancier de la pâtisserie qui faisait office de distributeur de ticket de bus m’annonça que le premier bus partait le lendemain vers 6h30 mais que je devais être présent à 6h15. J’en pris bonne note et repris la route en direction de mon camping qui se trouvait 5km plus loin. Après avoir monté ma tente, j’ai fait les 8km de plus pour servir d’avance pour le lendemain (distance que je comptais effectuer en bus). Le lendemain, départ de très bonne heure pour arriver vers 6h15 devant la pâtisserie où j’ai malheureusement appris que le bus de 6h30 avait été annulé et que le suivant ne partirait qu’à 12h15 !!!. Non seulement j’avais fait 8km pour rien le jour précédent, mais en plus je venais de revenir 5 km en arrière. J’ai donc demandé au tenancier de la pâtisserie s’il pensait que le stop avait une chance de fonctionner et il me dit que non, mais qu’il y avait une gare 1,5km plus loin… J’ai donc pris la direction de la gare non sans avoir auparavant pris un copieux petit déjeuner offert par le pâtissier terriblement embarrassé de m’avoir donné une information erronée. J’ai finalement trouvé un train qui m’a permis de réaliser les kilomètres parcourus le jour précédant, mais dont l’heure tardive m’aura fait rater tout juste le ferry pour l’île de Salamina, ce qui m’obligea à attendre une heure le ferry suivant et à traverser les 16km de l’île dans la fournaise☹. Cela m’aura par contre permis de croiser des indiens du Penjab engagés pour la récolte de la horta (cfr photo) et des Abanais pour celle des pistaches (cfr photo).

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L’arrivée dans Athènes m’a fait un effet assez particulier. On passe presque instantanément des quartiers isolés et glauques de la périphérie au centre grouillant de la ville. Je me suis installé ensuite dans une auberge idéalement située dans la quartier de Plaka (3min chrono du musée de l’Acropole). C’est dans cette auberge que j’ai fait la connaissance d’un jeune globe-trotter japonais en partance pour Istanbul et d’une vétérinaire québécoise passionnée de musées. C’est cette dernière qui fût à l’origine de mon planning des 2 jours suivants. Elle m’a en effet recommandé avec beaucoup d’enthousiasme de visiter le musée archéologique, le musée de l’Acropole (qui a largement ma préférence pour sa situation, son architecture, l’originalité de la présentation des pièces et le caractère didactique de certaines vidéos) et d’escalader la colline Lycabette.

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La seule véritable originalité de mon programme sera la flânerie du dimanche matin dans la brocante de Monastiraki ou j’ai trouvé une petite décoration pour ma canne 🙂.
Après ces deux jours de visite, le moment était venu de quitter Athènes et la Grèce continentale et de prendre le large vers Chania (Crête) où je devais rejoindre mon fils Louis dans la soirée 😀. Même si je suis pas du style démonstratif, j’espère qu’il aura ressenti ma joie de le retrouver après 5 mois de séparation…

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Au moment d’écrire ces lignes, il m’a quitté depuis hier après un parcours en duo de 120km et est rentré sain et sauf à la maison. Quand à moi, j’ai repris ma longue marche solitaire.
Il n’est pas facile de résumer ma semaine de marche avec lui et je ne vais donc pas essayer. En conclusion, je pense qu’il n’est pas facile de rejoindre un pèlerin qui marche depuis 5 mois. Il a en effet été nourri par tant de jolies vues et de merveilleuses rencontres qu’il supporte assez facilement les côtés moins « romantiques » du parcours ce qui n’est pas le cas du nouvel arrivant😉. Heureusement que ce nouvel arrivant était mon fils et qu’il n’a pas hésité une seconde à me le faire savoir très vivement ce qui m’a obligé à prendre du recul, m’adapter et accepter de faire quelques écarts à ma condition de pèlerin. J’ai ainsi troqué par exemple 38km de marche en bord de route nationale contre 25km de montée pour aller visiter le magnifique monastère d’Arkadi (cfr photos et anecdote).

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Pour tout avouer, J’ai survécu parfaitement bien à ce gros écart😀.
J’ai demandé à Louis en conclusion de cette semaine ce qu’il avait apprécié et il m’a dit (outre le fait d’avoir été réunis), que c’était la très jolie partie de randonnée en bord de mer entre Kavros et Rethymnon, la visite du Monastère d’Arkadi, notre baignade dans les vagues enormes de la Méditerranée, la rencontre avec Michel et Dominique,

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la ½ heure passée à deux sur un banc dans le petit port de pêche de Kavros, les souvlakis (pythas grecques) et le raki (ce qu’il trouve particulièrement drôle, c’est qu’il déteste le raki et que chaque fois qu’on nous en offre, c’est moi qui suis obligé de boire les deux verres et que quand on les remplis à nouveau, cela m’en fait quatre🙂).
Je suis ce soir à Malia après une belle étape de 34km que j’ai réalisée en réussissant à ne pas marcher sur la route nationale. J’ai beau avoir beaucoup de bons souvenirs en réserve, il n’y a finalement pas de mal à en ajouter à la collection.

Anecdotes
1) La pire nuit du parcours :
Quand je suis arrivé au camping de Agioi Theodoroi, j’ai expliqué au gérant qu’il serait intelligent de me placer dans une portion isolée et de préférence éclairée du camping vu mon départ très matinal. C’est ce qu’il fit. Quelle ne fût donc pas ma surprisse quand en rentrant d’avoir fait mes 8km, j’ai remarqué que ma tente était encerclée de tentes et de voitures appartenant à un groupe d’une trentaine d’Arméniens de toute évidence équipés pour faire la fête… A l’heure où je m’installe habituellement pour dormir, la sono passait des chants folkloriques, eux dansaient en tapant des mains et ne semblaient pas vouloir s’arrêter. La musique s’arrêta vers 2h, heure à laquelle un petit groupe de Grecs décidèrent d’entamer une conversation animée. Elle était à peine terminée qu’un nourrisson décida qu’il était temps de réveiller ses parents et de mettre fin par la même occasion à la pire nuit de sommeil depuis mon départ d’Espagne. J’ai en effet replié mon campement et pris le départ vers 4h45. Dans la foulée, j’ai renvoyé ma tente en Belgique et j’éviterai donc ce genre de mésaventures à l’avenir.

2) Vol plané :
Il n’y a pas deux jours, je me vantais en parlant à Louis de n’être jamais tombé depuis le 29 mars et bien depuis hier, je ne peux plus dire la même chose. Il devait être 7h30 et j’étais un peu aveuglé par le soleil levant quand j’ai salué un pécheur installé à ma gauche. A ce moment précis,  le bitume se déroba sous mes pieds et m’envoya ainsi voir de plus près le plancher des vaches qui était en fait du gravier. Résultat de la manœuvre, des écorchures aux genoux, aux mains et à mon bâton. J’espère que ça aura beaucoup fait rire le pêcheur 🙂.

3)Descente du ferry presque ratée à Chania :
Tout le monde dormait à poings fermés dans ma cabine quand j’ai quand même décidé d’aller voir ce qui se passait en entendant un appel au micro dans le couloir. Je fût assez surpris (il n’était en effet que 6h et notre arrivée était programmée pour 6h30) de voir les couloirs de débarquement bondés de passagers valises et sacs à la main. Nous étions en effet arrivés à Chania qui n’était que le premier arrêt du Ferry. J’avoue avoir sauté dans mes chaussures et remballé mes affaires en un temps record. Si je ne m’étais pas levé, je me serais peut-être retrouvé à Rhodes 10 heures plus tard…

4)Dominique et Michel (cfr photo) :

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Mon fils a bien fait de me faire troquer des kilomètres asphaltés contre une randonnée avec visite d’un monastère. La solution normale après la visite était de rejoindre notre hôtel en bus en deux étapes. Tout d’abord Arkadi-Réthymnon et puis Rethymnon-Agia Pelagia. Ces deux trajets en bus faisant environ 85km avec escale, nous auraient pris au bas mot 2h. Comme j’ai assisté depuis l’arrêt de bus á l’embarquement d’autostoppeuses, j’ai décidé de tenter ma chance á mon tour. Et cela fût couronné de succès car 5 minutes plus tard nous étions embarqués à notre tour dans une voiture occupée par Dominique et Michel, deux sympathiques Français de Touraine avec lesquels nous avons par la même occasion essayé de visiter les vestiges d’Eleftherna (malheureusement fermés because dimanche) et bu un verre (plus les rakis offerts par la maison). Ce fût assurément la plus belle journée en Crête..

5)La deuxième pire nuit depuis le départ.
J’ai appris dans l’auberge de jeunesse d’Héraklion que le spectacle est souvent inversement proportionnel au montant dépensé pour le logement. Pour 12,5 euros j’ai en effet eu droit à un véritable feu d’artifice. N’étant arrivé qu’à 9h du soir à Héraklion, c’est seulement vers 11h que je me suis mis au lit avec l’espoir de profiter pleinement des 6h30 qui me restaient avant mon lever. C’était sans compter sur un petit comique qui de toute évidence saoul déboula dans la chambre à 3h. Il dut s’y prendre à trois reprises pour rejoindre sa partie du lit superposé, décida seulement ensuite de se déshabiller en jetant toutes ses affaires en bas (chaussures comprises). Ce n’était malheureusement que le premier acte. Quand il se mit à gémir 15 minutes plus tard, je n’avais pas encore été capable de retrouver le sommeil et je m’attendais au pire, qui arriva. Il avait tout d’abord clairement oublié qu’il dormait dans un lit superposé car une minute plus tard il a atterri bruyament 1,7m plus bas en position couchée. C’est précisément à ce moment que son estomac décida de refuser de conserver plus longtemps tout l’alcool englouti. Je vous passe les détails en vous certifiant qu’à 5h30 tapante j’avais quitté la chambre et que 15 minutes plus tard je m’apprêtais à prendre la route pour mon étape du jour. J’ai déjà renvoyé ma tente, faut-il que je bannisse aussi les auberges de jeunesse ?

Dans 3 jours j’attendrai Siteia d’où je quitterai la Crête pour rejoindre Rhodes.
A bientôt pour de nouvelles aventures 🙂.
NB. Quelques photos en annexe dont celle de deux commerçants qui m’ont gentiment offert des tomates et un melon, la relève des evzones qui montent la garde devant la tombe du soldat inconnu à Athènes, quelques œuvres des musées dont le célèbre masque d’Agamemnon, un rayon surréaliste de bouteilles d’eau dans un carrefour, une cigale grecque et quelques photos générales.

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16 réflexions sur « Chapitre 3 : Kineta – Héraklion »

  1. que d’aventures Michel ,vous traversez en parcourant la Grèce !

    Heureusement que vous ne perdez pas votre « apparent » flegme.
    Continuez à nous faire rêver .

    Courage et bonne continuation.

    Evelyne

  2. Quel plaisir de lire tes aventures et tes anecdotes…J’imagine que ça dû être émouvant de voir Louis partager avec toi une partie de ton parcours. Merci pour les photos, ça donne envie de découvrir certaines régions. Nous t’envoyons de l’énergie et du courage pour la suite. Bisous de la famille 😀

    1. Salut Isabelle,
      J’ai lu ton dernier email concernant l’unité. J’aurai ad vitam la nostalgie des soirées passées en cuisine. Je devenais presque un pro des frites🙂.
      J’espère qu’On se verra á mon retour.
      Michel

  3. Hello Michel!

    Magnifiques photos et témoignages!
    J’espère que vous avez bien profité avec Louis et qu’il a été digne d’un vrai scout pour la marche 😉
    Je te souhaite une bonne continuation et la force nécessaire pour braver les kilomètres !

    A bientôt!

    1. Coucou Catherine,
      Merci pour ton gentil message. C’est effectivement une aventure incroyable et même si je suis actuellement impatient de retrouver les miens, je suis certains que cette vie de nomade me manquera…

  4. Hello Michel,
    C’est avec beaucoup de plaisir que je lis (je l’avoue pas assez souvent ) tes aventures.
    Et a chaque fois avec comme résultat l’envie de m’évader quelque peu dans une aventure de ce type (peut être un peu plus courte ).
    Merci pour ces récits .
    Je t’envoie plein d’ondes positives et d’énergie.
    Ton cousin par alliance Yvan

    1. Salut Yvan, J’ai du sentir toutes les ondes positives car je suis en avance sur mon planning en Turquie… J’arriverai normalement á Chypre dans 8 jours et puis ce sera Israël🙂.
      A bientôt
      Michel

  5. Hello Michel,

    Maxime et moi sommes heureux que tout se passe bien pour toi avec des hauts et des bas comme la vie de tous les jours.
    Il faut connaitre des moments difficiles pour apprécier les moments de bonheur.
    Tu as du passer de bon moments avec Louis et vos retrouvailles on du te redonner
    du tonus pour la suite du chemin.
    Nous partons à Rio ce samedi pour une semaine suivre les Paralympics et notre ami Christophe en handbike, cette idée me rempli de bonheur.
    Tu vera les photos sur Fb.
    Courage pour la suite et ne t’écarte pas de ton objectif premier.

    Amicalement Marc & Max

  6. Bonsoir Michel,
    Je vois que tes aventures ne te font pas perdre ton humour…
    Quelle belle rencontre que la tienne et celle de Louis dans ce monastère d’Arkadi…
    Nous avons repris l’avion et retrouver notre Touraine !
    Pendant que tu continues à marcher je fais des cartons pour préparer mon déménagement le 12 novembre…
    Bon courage à toi !
    bises
    Dominique

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